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La dépendance au jeu

La dépendance au jeu s’inscrit dans le cadre des dépendances comportementales en ce sens qu’aucune substance ingérée par l’individu n’est en cause. Il a été démontré que le jeu stimulait la dopamine et la rendait disponible dans le circuit de la récompense au cerveau d’un joueur. En pleine séance de jeu, ce qui se passe dans le cerveau d’un joueur serait comparable à l’activité neuronale induite par la prise de substances psychoactives.

La dépendance au jeu se caractérise par la perte de contrôle répétée en lien avec ses habitudes de jeu. Le joueur qui présente un trouble lié au jeu d’argent joue trop souvent, trop longtemps et trop d’argent. Il ne peut résister à l’impulsion de jouer, même devant l’accumulation des conséquences négatives. Le jeu se transforme alors en une véritable obsession et engendre une grande détresse. Comme dans le cas des substances, il est toutefois primordial de faire la différence entre l’usage et l’abus des jeux de hasard et d’argent.

La dépendance au jeu se développe généralement selon trois phases :

La phase de gain

Durant cette phase, le joueur fait des gains significatifs, ce que plusieurs nomment la « chance du débutant ». Il gagne plus qu’il ne perd et il peut développer la conviction qu’il peut s’enrichir en jouant. Certaines idées erronées concernant les jeux et le hasard s’enracinent en lui. Il pourra par exemple croire qu’il a découvert des stratégies gagnantes alors que le jeu est strictement contrôlé par le hasard.

La phase de pertes

Durant cette phase et avec le passage du temps, le joueur perd plus qu’il ne gagne. Des conséquences négatives liées au jeu apparaissent. Les idées erronées qu’il tient maintenant pour vraies font augmenter drastiquement les risques financiers qu’il prend. Sa situation devient précaire et ses pertes de contrôle plus fréquentes.

La phase de désespoir

Durant cette phase, le joueur a perdu complètement la maîtrise de ses habitudes de jeu. Il est submergé par l’anxiété et son humeur est dépressive. Dans un acte de désespoir, il peut jouer le « tout pour le tout » et tout perdre. En proie à la détresse, il se risquera parfois à demander de l’aide ou présentera une ouverture à se faire aider.

Selon le DSM-5 (Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux), la Dépendance ou le Trouble lié au jeu d’argent est basé sur le nombre de symptômes présents chez un individu au cours de la dernière année :

  • trouble léger : présence de deux ou trois symptômes ;
  • trouble modéré : présence de quatre ou cinq symptômes ;
  • trouble sévère : présence de six symptômes ou plus.

Liste des symptômes

  • Un besoin de jouer avec des sommes d’argent de plus en plus importantes pour atteindre l’état d’excitation désiré ;
  • Une agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduire ou d’arrêter de jouer ;
  • Des efforts répétés, mais infructueux pour réduire ou arrêter de jouer ;
  • Des préoccupations pour le jeu (p. ex. tentatives de se rappeler les expériences passées avec le jeu, d’anticiper les prochaines tentatives ou les moyens de se procurer de l’argent pour jouer) ;
  • Des envies de jouer ou des épisodes de jeu lorsque la personne éprouve des sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété ou de dépression ;
  • Des tentatives pour « se refaire ». Après avoir perdu de l’argent au jeu, le joueur retourne jouer pour recouvrer ses pertes ;
  • Des mensonges pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu et de ses pertes ;
  • Les problèmes causés par le jeu ont mis en danger ou fait perdre une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière ;
  • Des accumulations de dettes et d’emprunts pour se sortir de situations financières difficiles ou désespérées dues au jeu.