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L’héroïne, qu'est-ce que c'est ?

L’héroïne est un dépresseur du système nerveux central. C’est un opiacé puissant obtenu à partir de la morphine. Cette dernière est originaire d’une plante, le pavot, que l’on incise pour recueillir de l’opium sous forme de latex blanchâtre, lequel est ensuite séché pour fabriquer la morphine.

L’héroïne se présente sous la forme d’une poudre blanche, beige ou brune. Elle est la plupart du temps injectée par voie intraveineuse, après l’avoir diluée et chauffée. Cependant, elle peut également être prisée ou fumée. Une dose moyenne correspond à environ 20 milligrammes.

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Effets et dangers de l’héroïne

Transformée dans le cerveau en morphine, qui se lie aux récepteurs opioïdes, cette substance entraîne une puissante analgésie, une euphorie tranquille, l’apaisement et une sensation d’extase. Elle possède aussi des propriétés anxiolytiques et antidépressives. Les effets recherchés traduisent parfois une souffrance psychique et un besoin d’oubli.

Injectée, l’effet immédiat de l’héroïne est de type orgasmique : c’est le rush. Il est suivi d’une sensation d’euphorie et de somnolence, accompagnée parfois de myosis (constriction de la pupille), de transpiration excessive, de sécheresse de la bouche, de réduction de l’appétit, de nausées, de constipation ainsi que d’un ralentissement du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire.

Divers troubles apparaissent et peuvent inclure la sédation, la somnolence, l’anorexie, l’instabilité de l’humeur, les changements de la personnalité et les dysfonctions sexuelles (perte de la libido, impuissance, réduction de la fertilité, troubles menstruels).

Le surdosage de l’héroïne peut provoquer le sommeil profond, la dépression cardiorespiratoire, le coma et la mort. Ce type de décès touche environ 1 % des héroïnomanes par année.

L’injection d’héroïne entraîne des risques d’infection, notamment par les virus du SIDA et des hépatites B et C, si l’usager ne se sert pas d’un matériel d’injection stérile, à usage unique.

Effets chroniques

Les principaux symptômes qui résultent d’un usage prolongé de l’héroïne sont la constipation, la transpiration, le myosis (constriction de la pupille), les troubles de l’accommodation visuelle qui affectent la vision, les troubles sexuels (perte de la libido, impuissance, réduction de la fertilité et troubles menstruels) et les changements de personnalité dus à une humeur instable.

Héroïne et grossesse

Chez la femme enceinte, les complications les plus fréquentes de l’usage de l’héroïne pendant la grossesse sont l’anémie, les troubles cardiovasculaires, la pneumonie et le
diabète.

Pour ce qui est des risques pour le fœtus, les plus importants sont les avortements spontanés, la mortalité néonatale, les bébés prématurés et le poids inférieur à la normale lors de la naissance du bébé.

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Tolérance et dépendance

La tolérance à l’héroïne s’installe et s’accroît rapidement. La dose consommée peut être augmentée jusqu’à 100 fois par rapport à la dose initiale. Le consommateur devient très tolérant aux effets agréables, mais aussi à la sédation, à l’analgésie et à la dépression respiratoire.

La dépendance à l’héroïne apparaît rapidement dans la majorité des cas. L’héroïnomane alterne entre des phases d’euphorie ou de soulagement (lorsqu’il est sous l’effet de l’héroïne) et des effets de manque qui provoquent de l’anxiété, de l’agitation et divers symptômes physiques.

Les dépendances physique et psychologique à l’héroïne sont très fortes. Le sevrage à l’héroïne débute 6 à 12 heures après la prise de la dernière dose et se traduit par des symptômes ressemblant à ceux d’une grippe accompagnés d’anxiété et de bâillements.

Par la suite, l’individu manifeste un sommeil agité qui persiste plusieurs heures. Le sevrage atteint son paroxysme après 36 à 72 heures. L’usager éprouve alors des problèmes gastro-intestinaux graves (douleurs abdominales, vomissements et diarrhée), ses pupilles sont dilatées et il a la chair de poule. Ces manifestations s’accompagnent d’un désir obsédant de consommer à nouveau cette drogue. L’anxiété, l’insomnie, l’agressivité, le délire paranoïde, l’accélération du rythme cardiaque et l’hypertension peuvent aussi être présents. La majeure partie de ces symptômes se résorbe en 5 à 10 jours.

La dépendance à l’héroïne entraîne des risques sociaux importants et conduit à un processus de marginalisation sociale chez plusieurs usagers.

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Quelques statistiques

  • Un demi pour cent de la population canadienne en 2011 aurait déjà fait usage d’héroïne au cours de sa vie.
  • Au Canada, 15 % des hommes et 16,3 % des femmes incarcérés dans un pénitencier fédéral admettent avoir fait usage d’héroïne dans les trois mois qui ont précédé leur détention.
  • Au Québec, de tous les décès attribuables à une intoxication aux médicaments et aux drogues entre 2005 et 2009, l’héroïne ne serait impliquée que dans 3,4 % des cas. Les opiacés (35,8 %), la cocaïne (18,8 %) et les antidépresseurs (15,5 %) seraient les principales substances répertoriées.
  • Au Québec, du 1er avril 2013 au 31 mars 2014*, la ligne Drogue : aide et référence a enregistré 199 appels en lien avec la consommation d’héroïne, soit 1,7 % de toutes les substances mentionnées lors de ces appels.
  • La cocaïne (83,8 %) suivie de l’hydromorphone (Dilaudid®) (39 %), de l’héroïne (39 %), de la morphine (26,6 %) de l’oxycodone (Endocet®, Percocet®, Supeudol®) (16,8 %) et du crack (13,9 %) sont les substances les plus souvent injectées au cours des six derniers mois selon les analyses du réseau SurvUDI.
  • En 1995, 43,4 % des personnes UDI mentionnaient s’être injectées avec du matériel dont s’était servie une autre personne au cours des six derniers mois alors que cette proportion n’est plus que de 19,3 % en 2012.
Tendance statistique : de 24,1% depuis 1995.
  • En 2010-2011, l’héroïne est une drogue consommée par 0,8 % des élèves québécois de niveau secondaire au cours de l’année qui a précédé l’entrevue.
  • L’héroïne est la seconde drogue la plus fréquemment injectée à Montréal (61,5 % des UDI).
  • Au 31 décembre 2012, 76 275 cas de VIH avaient été déclarés à l’agence de santé publique du Canada depuis que les cas sont répertoriés (1985). Deux mille soixante-deux nouveaux cas ont été déclarés en 2012, le plus faible taux depuis 1985.
Tendance statistique : de 7,8 % depuis 2011.
  • Le Québec est la seconde province après l’Ontario où l’on retrouve le plus grand nombre de cas de VIH rapportés (450) pour un taux de 5,6 par 100 000 habitants. L’injection de drogues par voie intraveineuse est la troisième cause en importance du VIH (14 % des cas). Les femmes sont beaucoup plus nombreuses à contracter une infection au VIH en raison de leur injection de drogues (24,5 % vs 10,9 %).

* M. Cantin, directrice des communications du Centre de référence du grand Montréal (communication personnelle, 10 septembre 2014).

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Que prévoit la loi ?

  • L’héroïne est inscrite à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.
  • La possession, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.
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