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La méthadone, qu'est-ce que c'est ?

La méthadone (Metadol®, Methadose®) est un dépresseur du système nerveux central. C’est une substance synthétique de la famille des opiacés qui agit sur les mêmes récepteurs que la morphine et l’héroïne. Elle manifeste des propriétés analgésiques aussi puissantes que la morphine.

Elle est employée essentiellement comme traitement de substitution chez les héroïnomanes dépendants : la méthadone a des propriétés comparables à celles de l’héroïne, mais elle présente un meilleur profil pharmacologique. Ce transfert de dépendance permet de stabiliser le consommateur et facilite sa réadaptation.

La méthadone est disponible au Canada sous forme de comprimés ou de solution orale.

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Effets et dangers de la méthadone

La méthadone prévient les symptômes de sevrage aux opiacés et maintient ainsi le patient dans une zone de confort. Elle a une longue durée d’action. Son pouvoir de fixation dans les tissus et sa libération progressive permettent de maintenir une concentration de méthadone dans le sang remarquablement stable pendant plus de 24 heures, ce qui permet l’administration d’une seule dose par jour.

Au Québec, on suggère des doses initiales de 20 à 30 mg/jour. Si le patient se plaint ou manifeste des symptômes de sevrage, la dose est augmentée à raison de 10 mg par semaine jusqu’à la disparition des symptômes.

Le traitement de maintien à la méthadone aide plusieurs héroïnomanes.

L’administration de doses supérieures à 60 mg/jour de méthadone empêche l’apparition du sevrage et atténue aussi les effets agréables de l’injection d’héroïne. Cette réduction des effets agréables semble contribuer à diminuer la consommation d’héroïne.

Les risques de décès de l’héroïnomane sont environ trois fois moindres avec le traitement de maintien à la méthadone. Un autre avantage de cette stabilisation physiologique est que certains patients deviennent souvent d’excellents candidats pour la psychothérapie.

Bien qu’il n’y ait pas de dose maximale théorique, il est rare d’avoir à donner une dose de plus de 100 mg/jour et il est prudent de consulter un médecin expert en la matière avant de dépasser cette dose. Le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des pharmaciens du Québec ont établi une ligne d’action à cet égard.

Le traitement de maintien à la méthadone aide plusieurs héroïnomanes, mais il n’existe pas d’indicateurs très fiables permettant de prédire les chances de réussite de ce traitement.

Il est important de signaler que la méthadone, bien que bénéfique pour plusieurs patients, n’est pas une panacée et que les rechutes et les échecs sont fréquents. Afin de maximiser les bienfaits et les probabilités de succès, la thérapie doit inclure un encadrement rigoureux du patient par divers professionnels de la santé et des services sociaux.

Le traitement d’entretien à la méthadone est habituellement envisagé à long terme. La durée de la thérapie varie d’un à deux ans, mais peut même atteindre des périodes beaucoup plus longues, pouvant parfois aller jusqu’à vingt ans et plus.

Chez la femme enceinte, bien que comportant certains risques pour le fœtus, l’usage de la méthadone est nettement moins dangereux que la prise d’héroïne ou le sevrage pendant la grossesse.

Malgré ses limites, le traitement à la méthadone est actuellement la thérapie la plus efficace contre la dépendance aux opiacés.

Une dose thérapeutique adéquate de méthadone est très peu euphorisante pour l’héroïnomane et permet un sevrage plus confortable, tout en présentant le moins d’effets secondaires possibles. Les réactions indésirables les plus fréquentes sont la transpiration excessive (qu’on retrouve chez 48 % des utilisateurs en sevrage), la baisse de la libido (22 %), la constipation (17 %), les troubles du sommeil (16 %) et, plus rarement, les troubles d’appétit.

La méthadone disponible sur le marché noir peut avoir été trafiquée et présenter un danger pour le consommateur.

La source de méthadone utilisée en thérapie est très importante. En effet, la méthadone disponible sur le marché noir peut avoir été trafiquée et présenter un danger pour le consommateur. En l’absence de contrôles de qualité rigoureux et d’un support médical adéquat, son usage inapproprié peut conduire à des risques pour la santé, provoquer une intoxication aiguë et même un surdosage pouvant être mortel.

La prise simultanée de la méthadone et de benzodiazépines lors de traitements de substitution à l’héroïne est reliée à un risque accru de dépression respiratoire, pouvant entraîner la mort.

Effets chroniques

Aux doses thérapeutiques appropriées, la méthadone est sécuritaire. La littérature scientifique qui évalue les effets de la substance à long terme ne rapporte pas d’effets néfastes importants documentés.

Méthadone et grossesse

Il n’y a pas de risques d’anormalités fœtales ni de pathologies spécifiques susceptibles d’affecter le fœtus chez les femmes enceintes qui prennent de la méthadone.

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Tolérance et dépendance

Une tolérance se développe pour certains effets de la méthadone. D’autre part, les personnes traitées à la méthadone peuvent manifester certains symptômes de sevrage s’ils ne prennent pas régulièrement leur dose. Cependant, la méthadone n’est pas vraiment considérée comme une substance qui crée la dépendance au plein sens du terme, compte tenu de son mode d’utilisation et des motifs de son usage.

Les personnes traitées à la méthadone peuvent manifester certains symptômes de sevrage s’ils ne prennent pas régulièrement leur dose.

Interruption du traitement à la méthadone

Le traitement à la méthadone doit être interrompu progressivement. Les modalités de sevrage à la méthadone dépendent du patient et de l’équipe médicale qui le soigne.

Les symptômes de sevrage à la méthadone sont beaucoup moins intenses, mais de plus longue durée que ceux de l’héroïne.

Au cours du sevrage à la méthadone, la dose quotidienne devrait être réduite de cinq milligrammes toutes les deux semaines jusqu’à l’atteinte de la moitié de la dose initiale. Par la suite, une réduction par paliers de deux milligrammes toutes les deux semaines permet de diminuer les risques de sevrage.

Les patients les plus motivés sont capables de tolérer une réduction graduelle des doses de méthadone jusqu’à l’abstinence complète. Cependant, plusieurs de ces individus ressentent pendant un à deux ans un désir obsédant très marqué pour l’héroïne ou un autre opiacé quand les doses sont inférieures à une certaine quantité.

En définitive, étant donné que le risque de rechute lors d’un traitement de substitution à la méthadone est élevé chez de nombreux patients, un traitement à la méthadone à long terme est souvent tout indiqué.

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Quelques statistiques

  • Selon les données du Collège des médecins du Québec*, il y aurait 873 médecins prescripteurs de méthadone au Québec en 2014, dont environ le tiers (298) dans la région montréalaise.
  • Au Québec*, 528 pharmacies distribuent actuellement la méthadone ou la buprénorphine.
  • En 2011, 3462 patients étaient suivis au Québec pour un traitement de la dépendance aux opiacés, dont 2154 sur le territoire de Montréal.

* L.F. Rainville, conseillère clinique à la qualité des services au CRAN (communication personnelle, 1er août 2014)

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Que prévoit la loi ?

La méthadone est inscrite à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Elle est disponible légalement, pour un usage médical en quantités limitées, sous forme de poudre soluble administrée par voie orale.

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