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Le dopage, qu'est-ce que c'est ?

Les avantages liés à l’utilisation à des fins non thérapeutiques des substances dopantes sont relativement minimes par rapport aux risques nombreux et parfois irréversibles résultant de leur abus.

L’arsenal du dopage est vaste et diversifié. Les principales substances et méthodes dopantes sont :

  • les androgènes et les stéroïdes anabolisants;
  • la THG;
  • les stimulants;
  • les agonistes bêta-2;
  • l’EPO;
  • l’hormone de croissance;
  • les glucocorticoïdes;
  • les narcotiques;
  • les diurétiques;
  • l’autotransfusion.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants

Les stéroïdes anabolisants ne sont pas utilisés en thérapie au Canada et ne sont donc disponibles que sur le marché noir.

Les androgènes sont les hormones mâles responsables de la fonction des spermatozoïdes et de l’apparition et du développement des caractères sexuels masculins. Ils comprennent principalement la testostérone et son métabolite (produit de transformation) plus actif, la dihydrotestostérone.

Les stéroïdes anabolisants sont des analogues synthétiques de la testostérone modifiés chimiquement afin de diminuer les effets androgènes (propres aux caractères sexuels masculins), accroître les effets anaboliques (permettent la synthèse de substances favorisant notamment l’augmentation de la masse musculaire) et réduire l’incidence d’effets indésirables.

Certains auteurs emploient une terminologie commune pour désigner les androgènes et les stéroïdes anabolisants : ils les appellent simplement stéroïdes, car ils ont la même structure chimique de base.

Au Canada, seule la testostérone est en vente pour l’usage thérapeutique. Elle est disponible sous quatre formes :

  • cypionate de testostérone (Depa-Testosterone®) pour injection intramusculaire;
  • énanthate de testostérone (Delastestryl®) pour injection intramusculaire;
  • undécanoate de testostérone (Andriol®) pour administration orale sous forme de capsule;
  • testostérone (Androderm®, AndroGel®, Axiron®, Testim® 1 %) pour administration transdermique sous forme de gel.

Les stéroïdes anabolisants ne sont pas utilisés en thérapie au Canada et ne sont donc disponibles que sur le marché noir. La testostérone est un androgène ayant une seule indication thérapeutique licite : il est utilisé pour traiter l’hypogonadisme masculin chez l’adulte souffrant d’une carence ou d’une déficience de testostérone endogène due à des déficiences fonctionnelles des testicules à la puberté ou ultérieurement au cours de la vie.

Les stéroïdes anabolisants, bien que non disponibles officiellement au Canada, ont plusieurs indications thérapeutiques légales : retard de croissance, ostéoporose, réparations tissulaires (brûlures étendues, traumatismes sévères, chirurgies importantes, infections chroniques), anémies, cancer du sein.

Les stéroïdes (androgènes et anabolisants) sont utilisés illégalement par les sportifs comme substances dopantes. Leur administration se fait par voie orale ou intramusculaire. La dose totale de stéroïdes prise par les athlètes peut excéder de 2 à 200 fois la dose thérapeutique.

L’usage abusif et illicite par les sportifs repose sur la croyance que leur consommation améliore la performance sportive. Bien que certaines opinions scientifiques réfutent cette allégation, il semble que les androgènes et les stéroïdes anabolisants puissent, dans certaines conditions, exercer les effets suivants :

  • une augmentation de la masse musculaire et du poids;
  • une augmentation de la force musculaire;
  • une augmentation de l’agressivité et de la motivation durant l’entraînement et la compétition;
  • une augmentation de l’endurance physique du fait d’une meilleure résistance à la fatigue;
  • une récupération plus rapide après l’exercice et les périodes d’entraînement intensif.

Pour atteindre leurs objectifs, les sportifs utilisent des mégadoses (jusqu’à 200 fois la dose thérapeutique) de stéroïdes qui sont très dangereuses pour la santé de l’athlète.

Des considérations éthiques empêchent les scientifiques de prendre part aux études portant sur la prise de mégadoses de stéroïdes pour des indications qui ne sont pas médicalement reconnues comme utiles. Les doses massives de stéroïdes provoquent de nombreux effets secondaires sévères. Elles sont potentiellement dangereuses pour la santé de l’athlète et peuvent même hypothéquer sa vie à long terme, car certains effets indésirables ne se manifestent que plusieurs années après l’arrêt de la consommation. En outre, pour les mêmes raisons éthiques, les études rigoureuses sur les stéroïdes où des comparaisons sérieuses sont établies brillent par leur absence dans la littérature scientifique. D’autres facteurs qui rendent difficile l’évaluation des effets des stéroïdes sur les athlètes sont les grandes différences existant entre les réponses des individus, la disparité dans les doses administrées, les modes et les durées d’utilisation, l’incidence des effets secondaires, les associations médicamenteuses employées et la présence d’autres conditions médicales concurrentes.

La controverse sur les avantages de l’utilisation des androgènes et des stéroïdes anabolisants dans le monde du sport n’est pas terminée, car nous ne disposons pas d’assez de données scientifiques objectives pour évaluer les effets de ces agents sur la performance athlétique des consommateurs.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants entraînent de nombreux effets indésirables.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants entraînent de nombreux effets indésirables. La nature et la sévérité des effets secondaires dépendent de l’âge, du sexe, du type et du nombre de stéroïdes utilisés, de la dose, de la durée du traitement et de la voie d’administration. On distingue :

  • effets propres aux adolescents : arrêt de croissance;
  • effets propres à la femme : hirsutisme (développement excessif des poils, notamment sur le visage), masculinisation de la voix (voix grave et rauque) et du corps, alopécie (perte des cheveux), atrophie des seins et de l’utérus, hypertrophie du clitoris, irrégularités menstruelles, aménorrhée (absence de menstruations), oligoménorrhée (petites menstruations), ménopause précoce;
  • effets propres à l’homme : gynécomastie (développement des seins), atrophie des testicules, diminution de la libido, baisse de la fertilité, impuissance;
  • effets communs à l’homme et à la femme :
    • acné sévère et fréquente ;
    • troubles musculosquelettiques : ruptures des tendons, déchirements musculaires;
    • troubles hépatiques : développement de kystes sanguins dans le foie, jaunisse, cancer du foie;
    • troubles cardiovasculaires : augmentation des risques d’artériosclérose, de troubles thrombo-emboliques, d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’œdème et d’hypertension;
    • troubles nerveux : anxiété, irritabilité, agressivité, troubles affectifs, perte de la perception de certaines réalités et valeurs, insomnie, cauchemars, sautes d’humeur, dépression, pensées suicidaires, confusion mentale, hallucinations, idées de grandeur, trouble paranoïde, schizophrénie et autres psychoses;
    • tolérance;
    • dépendance physique et psychologique;
    • potentiel de développer une toxicomanie.
L’abus des stéroïdes peut être réduit en renforçant la loi, en contrôlant plus efficacement leur distribution par les professionnels de la santé et en informant les athlètes, leurs entraîneurs et leurs associés sur l’usage et les dangers de ces substances.

En résumé, l’usage illicite et abusif des stéroïdes est répandu dans le milieu sportif. Bien que les androgènes et les stéroïdes anabolisants puissent, dans certaines conditions et chez certains individus, contribuer à améliorer la performance athlétique, les bénéfices de leur usage à des fins non thérapeutiques semblent minimes par rapport aux risques encourus qui peuvent être nombreux et parfois irréversibles.

L’abus des stéroïdes peut être réduit en renforçant la loi, en contrôlant plus efficacement leur distribution par les professionnels de la santé et en informant les athlètes, leurs entraîneurs et leurs associés sur l’usage et les dangers de ces substances.

Le THG

Au cours des années 2000, un nouveau stéroïde anabolisant, la tétrahydrogestrinone ou THG, a ébranlé le monde du sport. Cette substance synthétique, altérée chimiquement, a été développée par le laboratoire Balco à San Francisco. Elle était indécelable à ses débuts. Elle a été détectée dans l’urine de plusieurs athlètes de haute compétition et identifiée par le laboratoire analytique olympique de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Des sportifs de renom, suspendus par le Comité International Olympique (CIO), ont reconnu avoir fait usage de cette substance. La chasse à cette substance dopante a été lancée au niveau mondial par le CIO dès 2003.

La présence de THG dans le corps humain peut durer environ deux mois si elle a été administrée par voie intramusculaire, mais moins d’une semaine si elle a été prise par voie orale.

Les stimulants

Les amphétamines, la cocaïne, la caféine, l’éphédrine et les produits dérivés sont les plus utilisés. Ils sont administrés par voie orale, rectale, nasale ou injectable.

Les stimulants sont consommés pour accroître l’attention et la concentration, pour améliorer les temps de réaction, ainsi que pour réduire la sensation de fatigue. Ils augmentent l’agressivité et font perdre du poids.

Les amphétamines, la cocaïne, la caféine, l’éphédrine et les produits dérivés sont les plus utilisés.

Ces produits agissent sur le système cardiovasculaire et neurologique. Leur consommation peut entraîner la tachycardie (accélération du rythme cardiaque), des arythmies cardiaques, l’hypertension, la déshydratation, des maux de tête, des vertiges, des tremblements et des troubles nerveux (anxiété, irritabilité, agressivité, insomnie, convulsions, psychose).

Le dépassement du seuil physiologique de la fatigue entraîné par l’usage de ces substances peut provoquer des états de faiblesse pouvant aller jusqu’à l’épuisement, voire jusqu’à la mort.

Les agonistes bêta-2

Ces produits stimulent les récepteurs bêta-2 de l’adrénaline. Les plus connus sont le salbutamol (Ventolin®), la terbutaline (Bricanyl®), le salmétérol (Serevent®) et le formotérol (Foradil®). Ils sont utilisés en médecine pour dilater les bronches chez les asthmatiques.

Les spécialistes de sports d’endurance qui se dopent aux agonistes bêta-2 recherchent l’amélioration de la fonction respiratoire, l’augmentation de la capacité d’effort et de résistance, la diminution du temps de récupération et la stimulation de la volonté.

Pourtant, ces substances ne sont pas sans dangers. À la longue, les agonistes bêta-2 entraînent des tremblements, des maux de tête et des risques d’arrêt cardiaque.

L’EPO

L’érythropoïétine ou EPO est une hormone produite par les reins qui stimule la production des érythrocytes, c’est-à-dire des globules rouges du sang.

L’EPO n’est pas sans danger : son usage inapproprié peut conduire au syndrome grippal, aux accidents cardiaques, aux embolies, au diabète et à la cirrhose.

Employée en médecine pour traiter l’insuffisance rénale ou certains types d’anémies, elle est utilisée par les sportifs qui trichent pour augmenter la capacité de transporter l’oxygène jusqu’aux muscles et donc favoriser l’endurance et la performance. Elle doit être prise avec du fer.

L’EPO n’est pas sans danger : son usage abusif ou inapproprié peut conduire au syndrome grippal (fièvre, fatigue intense, frissons, douleurs dans les muscles et les articulations, etc.), aux accidents cardiaques, aux embolies, au diabète et à la cirrhose.

L’hormone de croissance

L’hormone de croissance ou somatotropine (en anglais, hGH) est recherchée par les athlètes qui trichent pour deux raisons principales :

  • une augmentation de la masse musculaire;
  • une augmentation de l’endurance physique par l’aptitude à résister à la fatigue.

Elle peut être administrée par voie orale ou injectable.

Les principaux effets indésirables de l’hormone de croissance sont le développement des os longs (pieds qui grandissent, déformations), l’allongement des maxillaires (déchaussement des dents), l’arthrose, la perturbation de la fonction thyroïdienne, les troubles cardiovasculaires (maladies du cœur, hypertension, accidents vasculaires cérébraux), les troubles nerveux (irritabilité, sautes d’humeur, dépression, psychose) et les risques de diabète et de cancers.

Les glucocorticoïdes

Les glucocorticoïdes sont des hormones stéroïdiennes dont les plus connues sont le cortisol (encore appelée hydrocortisone) et la cortisone.

Ces produits qui soulagent la fatigue ont une action psychostimulante et anti-inflammatoire. Ils augmentent la tolérance à la douleur et permettent de poursuivre un effort qui serait insupportable dans des conditions normales.

Les symptômes de l’abus des glucocorticoïdes vont de la simple fatigue chronique avec une chute des performances, à une défaillance cardiovasculaire pouvant conduire au décès.

L’usage prolongé des glucocorticoïdes peut entraîner les effets secondaires suivants :

  • une fragilité des tendons et des déchirures musculaires;
  • un retard de la cicatrisation des plaies;
  • une rétention du sodium et d’eau pouvant entraîner des œdèmes et une prise de poids;
  • des dépôts de graisse au niveau du cou et du visage;
  • une hyperglycémie (augmentation du taux de sucre dans le sang) qui augmente le risque de diabète;
  • une augmentation de la sécrétion d’acide par l’estomac qui augmente le risque d’ulcère;
  • des infections locales et générales.

Les symptômes de l’abus des glucocorticoïdes vont de la simple fatigue chronique avec une chute des performances, à une défaillance cardiovasculaire pouvant conduire au décès.

Les glucocorticoïdes peuvent entraîner une dépendance physique.

Les narcotiques

Les narcotiques, encore appelés analgésiques opiacés, sont des produits qui assoupissent et engourdissent la sensibilité. Ils comprennent une vingtaine de produits dont le chef de file est la morphine.

Les narcotiques sont utilisés pour supprimer ou atténuer la sensibilité à la douleur et provoquer une euphorie.

Ils ont des effets nocifs : diminution de l’attention et de la concentration, troubles de coordination, constipation, risques de dépression respiratoire, dépendance physique et psychologique.

Les diurétiques

Les diurétiques sont employés dans le milieu sportif pour éliminer les liquides de l’organisme (ils suppriment notamment la rétention d’eau causée par le dopage aux glucocorticoïdes), perdre rapidement du poids et pour échapper aux contrôles antidopage (produits masquants) en supprimant les traces de substances dopantes. Pour cette dernière utilisation, des urines trop diluées peuvent empêcher la détection des substances interdites.

Les principaux risques liés aux diurétiques sont la déshydratation, les déséquilibres minéraux, l’affaiblissement musculaire, les arythmies cardiaques et l’hypotension.

L’autotransfusion

L’autotransfusion consiste à prélever du sang à un athlète pour le lui réinjecter par la suite : pendant l’entraînement, environ un litre de sang est prélevé; celui-ci est alors conservé selon un protocole rigoureux. Dans la semaine qui précède la compétition (un à sept jours auparavant), le sang est retransfusé.

En fournissant plus de globules rouges, cette technique augmente la capacité de transport d’oxygène aux muscles, ce qui améliore l’endurance musculaire et les performances de l’athlète. Les effets peuvent se prolonger pendant deux semaines.

Les principaux risques associés à l’autotransfusion sont une réaction de destruction des globules rouges, les réactions allergiques, la transmission d’infections bactériennes ou virales et l’augmentation de la viscosité du sang qui peut entraîner des problèmes cardiovasculaires.

Le dopage ou conduite dopante consiste à utiliser des substances ou des méthodes interdites destinées à augmenter les capacités physiques ou mentales d’un sportif ou à masquer l’emploi de ces substances ou de ces méthodes lors de la préparation ou de la participation à une compétition sportive. Cette pratique est contraire à l’éthique sportive et peut porter préjudice à l’intégrité physique et psychique de l’athlète.

Le dopage dans le sport est très répandu.

Les conduites dopantes sont diverses. Le dopage sportif se réfère à l’utilisation d’un produit appartenant à une liste de substances ou méthodes interdites définies par la loi lors de la préparation ou de la participation à une compétition sportive.

De nombreux facteurs interviennent dans les motivations des individus et prédisposent à l’usage de substances dopantes :

  • l’âge : le nombre d’utilisateurs de substances dopantes augmente au cours de l’adolescence;
  • le sexe : les filles consomment plus fréquemment des produits destinés à améliorer leurs performances intellectuelles et scolaires (vitamines, minéraux, médicaments…), alors que les garçons utilisent, deux fois plus que les filles, des substances qui améliorent leurs performances physiques et sportives;
  • le milieu familial : selon la perception et l’attitude de l’entourage du consommateur vis-à-vis des substances dopantes, son comportement représente un facteur de risque ou de protection;
  • l’obligation de résultat : la pression pour obtenir de bons résultats sportifs augmente l’anxiété de performance et accroît le risque d’avoir recours au dopage;
  • le système de carrière : le fonctionnement des milieux sportifs, la compétition pour les premières places et la recherche de la célébrité conditionnent le comportement du sportif;
  • le culte du corps et de la performance : le statut que confèrent la beauté et la performance physique et intellectuelle fait appel à un adjuvant facile à trouver et difficile à refuser;
  • l’isolement social : l’éloignement du domicile, les difficultés liées aux études et les longues heures consacrées à l’entraînement isolent davantage l’athlète;
  • les amis et les collègues de travail : le besoin de s’intégrer et d’être accepté ajoute de la pression.

En général, les substances dopantes sont achetées :

  • dans le circuit pharmaceutique légal (médicaments prescrits et détournés de leur usage);
  • via Internet;
  • sur le marché clandestin, fournies le plus souvent par l’entourage des usagers (produits de laboratoires clandestins ou importations frauduleuses). Leur nature exacte est invérifiable et leur qualité sujette à caution.

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Effets et dangers des substances dopantes

Les avantages liés à l’utilisation à des fins non thérapeutiques des substances dopantes sont relativement minimes par rapport aux risques nombreux et parfois irréversibles résultant de leur abus.

L’arsenal du dopage est vaste et diversifié. Les principales substances et méthodes dopantes sont :

  • les androgènes et les stéroïdes anabolisants;
  • la THG;
  • les stimulants;
  • les agonistes bêta-2;
  • l’EPO;
  • l’hormone de croissance;
  • les glucocorticoïdes;
  • les narcotiques;
  • les diurétiques;
  • l’autotransfusion.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants

Les stéroïdes anabolisants ne sont pas utilisés en thérapie au Canada et ne sont donc disponibles que sur le marché noir.

Les androgènes sont les hormones mâles responsables de la fonction des spermatozoïdes et de l’apparition et du développement des caractères sexuels masculins. Ils comprennent principalement la testostérone et son métabolite (produit de transformation) plus actif, la dihydrotestostérone.

Les stéroïdes anabolisants sont des analogues synthétiques de la testostérone modifiés chimiquement afin de diminuer les effets androgènes (propres aux caractères sexuels masculins), accroître les effets anaboliques (permettent la synthèse de substances favorisant notamment l’augmentation de la masse musculaire) et réduire l’incidence d’effets indésirables.

Certains auteurs emploient une terminologie commune pour désigner les androgènes et les stéroïdes anabolisants : ils les appellent simplement stéroïdes, car ils ont la même structure chimique de base.

Au Canada, seule la testostérone est en vente pour l’usage thérapeutique. Elle est disponible sous quatre formes :

  • cypionate de testostérone (Depa-Testosterone®) pour injection intramusculaire;
  • énanthate de testostérone (Delastestryl®) pour injection intramusculaire;
  • undécanoate de testostérone (Andriol®) pour administration orale sous forme de capsule;
  • testostérone (Androderm®, AndroGel®, Axiron®, Testim® 1 %) pour administration transdermique sous forme de gel.

Les stéroïdes anabolisants ne sont pas utilisés en thérapie au Canada et ne sont donc disponibles que sur le marché noir. La testostérone est un androgène ayant une seule indication thérapeutique licite : il est utilisé pour traiter l’hypogonadisme masculin chez l’adulte souffrant d’une carence ou d’une déficience de testostérone endogène due à des déficiences fonctionnelles des testicules à la puberté ou ultérieurement au cours de la vie.

Les stéroïdes anabolisants, bien que non disponibles officiellement au Canada, ont plusieurs indications thérapeutiques légales : retard de croissance, ostéoporose, réparations tissulaires (brûlures étendues, traumatismes sévères, chirurgies importantes, infections chroniques), anémies, cancer du sein.

Les stéroïdes (androgènes et anabolisants) sont utilisés illégalement par les sportifs comme substances dopantes. Leur administration se fait par voie orale ou intramusculaire. La dose totale de stéroïdes prise par les athlètes peut excéder de 2 à 200 fois la dose thérapeutique.

L’usage abusif et illicite par les sportifs repose sur la croyance que leur consommation améliore la performance sportive. Bien que certaines opinions scientifiques réfutent cette allégation, il semble que les androgènes et les stéroïdes anabolisants puissent, dans certaines conditions, exercer les effets suivants :

  • une augmentation de la masse musculaire et du poids;
  • une augmentation de la force musculaire;
  • une augmentation de l’agressivité et de la motivation durant l’entraînement et la compétition;
  • une augmentation de l’endurance physique du fait d’une meilleure résistance à la fatigue;
  • une récupération plus rapide après l’exercice et les périodes d’entraînement intensif.

Pour atteindre leurs objectifs, les sportifs utilisent des mégadoses (jusqu’à 200 fois la dose thérapeutique) de stéroïdes qui sont très dangereuses pour la santé de l’athlète.

Des considérations éthiques empêchent les scientifiques de prendre part aux études portant sur la prise de mégadoses de stéroïdes pour des indications qui ne sont pas médicalement reconnues comme utiles. Les doses massives de stéroïdes provoquent de nombreux effets secondaires sévères. Elles sont potentiellement dangereuses pour la santé de l’athlète et peuvent même hypothéquer sa vie à long terme, car certains effets indésirables ne se manifestent que plusieurs années après l’arrêt de la consommation. En outre, pour les mêmes raisons éthiques, les études rigoureuses sur les stéroïdes où des comparaisons sérieuses sont établies brillent par leur absence dans la littérature scientifique. D’autres facteurs qui rendent difficile l’évaluation des effets des stéroïdes sur les athlètes sont les grandes différences existant entre les réponses des individus, la disparité dans les doses administrées, les modes et les durées d’utilisation, l’incidence des effets secondaires, les associations médicamenteuses employées et la présence d’autres conditions médicales concurrentes.

La controverse sur les avantages de l’utilisation des androgènes et des stéroïdes anabolisants dans le monde du sport n’est pas terminée, car nous ne disposons pas d’assez de données scientifiques objectives pour évaluer les effets de ces agents sur la performance athlétique des consommateurs.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants entraînent de nombreux effets indésirables.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants entraînent de nombreux effets indésirables. La nature et la sévérité des effets secondaires dépendent de l’âge, du sexe, du type et du nombre de stéroïdes utilisés, de la dose, de la durée du traitement et de la voie d’administration. On distingue :

  • effets propres aux adolescents : arrêt de croissance;
  • effets propres à la femme : hirsutisme (développement excessif des poils, notamment sur le visage), masculinisation de la voix (voix grave et rauque) et du corps, alopécie (perte des cheveux), atrophie des seins et de l’utérus, hypertrophie du clitoris, irrégularités menstruelles, aménorrhée (absence de menstruations), oligoménorrhée (petites menstruations), ménopause précoce;
  • effets propres à l’homme : gynécomastie (développement des seins), atrophie des testicules, diminution de la libido, baisse de la fertilité, impuissance;
  • effets communs à l’homme et à la femme :
    • acné sévère et fréquente ;
    • troubles musculosquelettiques : ruptures des tendons, déchirements musculaires;
    • troubles hépatiques : développement de kystes sanguins dans le foie, jaunisse, cancer du foie;
    • troubles cardiovasculaires : augmentation des risques d’artériosclérose, de troubles thrombo-emboliques, d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’œdème et d’hypertension;
    • troubles nerveux : anxiété, irritabilité, agressivité, troubles affectifs, perte de la perception de certaines réalités et valeurs, insomnie, cauchemars, sautes d’humeur, dépression, pensées suicidaires, confusion mentale, hallucinations, idées de grandeur, trouble paranoïde, schizophrénie et autres psychoses;
    • tolérance;
    • dépendance physique et psychologique;
    • potentiel de développer une toxicomanie.
L’abus des stéroïdes peut être réduit en renforçant la loi, en contrôlant plus efficacement leur distribution par les professionnels de la santé et en informant les athlètes, leurs entraîneurs et leurs associés sur l’usage et les dangers de ces substances.

En résumé, l’usage illicite et abusif des stéroïdes est répandu dans le milieu sportif. Bien que les androgènes et les stéroïdes anabolisants puissent, dans certaines conditions et chez certains individus, contribuer à améliorer la performance athlétique, les bénéfices de leur usage à des fins non thérapeutiques semblent minimes par rapport aux risques encourus qui peuvent être nombreux et parfois irréversibles.

L’abus des stéroïdes peut être réduit en renforçant la loi, en contrôlant plus efficacement leur distribution par les professionnels de la santé et en informant les athlètes, leurs entraîneurs et leurs associés sur l’usage et les dangers de ces substances.

Le THG

Au cours des années 2000, un nouveau stéroïde anabolisant, la tétrahydrogestrinone ou THG, a ébranlé le monde du sport. Cette substance synthétique, altérée chimiquement, a été développée par le laboratoire Balco à San Francisco. Elle était indécelable à ses débuts. Elle a été détectée dans l’urine de plusieurs athlètes de haute compétition et identifiée par le laboratoire analytique olympique de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Des sportifs de renom, suspendus par le Comité International Olympique (CIO), ont reconnu avoir fait usage de cette substance. La chasse à cette substance dopante a été lancée au niveau mondial par le CIO dès 2003.

La présence de THG dans le corps humain peut durer environ deux mois si elle a été administrée par voie intramusculaire, mais moins d’une semaine si elle a été prise par voie orale.

Les stimulants

Les amphétamines, la cocaïne, la caféine, l’éphédrine et les produits dérivés sont les plus utilisés. Ils sont administrés par voie orale, rectale, nasale ou injectable.

Les stimulants sont consommés pour accroître l’attention et la concentration, pour améliorer les temps de réaction, ainsi que pour réduire la sensation de fatigue. Ils augmentent l’agressivité et font perdre du poids.

Les amphétamines, la cocaïne, la caféine, l’éphédrine et les produits dérivés sont les plus utilisés.

Ces produits agissent sur le système cardiovasculaire et neurologique. Leur consommation peut entraîner la tachycardie (accélération du rythme cardiaque), des arythmies cardiaques, l’hypertension, la déshydratation, des maux de tête, des vertiges, des tremblements et des troubles nerveux (anxiété, irritabilité, agressivité, insomnie, convulsions, psychose).

Le dépassement du seuil physiologique de la fatigue entraîné par l’usage de ces substances peut provoquer des états de faiblesse pouvant aller jusqu’à l’épuisement, voire jusqu’à la mort.

Les agonistes bêta-2

Ces produits stimulent les récepteurs bêta-2 de l’adrénaline. Les plus connus sont le salbutamol (Ventolin®), la terbutaline (Bricanyl®), le salmétérol (Serevent®) et le formotérol (Foradil®). Ils sont utilisés en médecine pour dilater les bronches chez les asthmatiques.

Les spécialistes de sports d’endurance qui se dopent aux agonistes bêta-2 recherchent l’amélioration de la fonction respiratoire, l’augmentation de la capacité d’effort et de résistance, la diminution du temps de récupération et la stimulation de la volonté.

Pourtant, ces substances ne sont pas sans dangers. À la longue, les agonistes bêta-2 entraînent des tremblements, des maux de tête et des risques d’arrêt cardiaque.

L’EPO

L’érythropoïétine ou EPO est une hormone produite par les reins qui stimule la production des érythrocytes, c’est-à-dire des globules rouges du sang.

L’EPO n’est pas sans danger : son usage inapproprié peut conduire au syndrome grippal, aux accidents cardiaques, aux embolies, au diabète et à la cirrhose.

Employée en médecine pour traiter l’insuffisance rénale ou certains types d’anémies, elle est utilisée par les sportifs qui trichent pour augmenter la capacité de transporter l’oxygène jusqu’aux muscles et donc favoriser l’endurance et la performance. Elle doit être prise avec du fer.

L’EPO n’est pas sans danger : son usage abusif ou inapproprié peut conduire au syndrome grippal (fièvre, fatigue intense, frissons, douleurs dans les muscles et les articulations, etc.), aux accidents cardiaques, aux embolies, au diabète et à la cirrhose.

L’hormone de croissance

L’hormone de croissance ou somatotropine (en anglais, hGH) est recherchée par les athlètes qui trichent pour deux raisons principales :

  • une augmentation de la masse musculaire;
  • une augmentation de l’endurance physique par l’aptitude à résister à la fatigue.

Elle peut être administrée par voie orale ou injectable.

Les principaux effets indésirables de l’hormone de croissance sont le développement des os longs (pieds qui grandissent, déformations), l’allongement des maxillaires (déchaussement des dents), l’arthrose, la perturbation de la fonction thyroïdienne, les troubles cardiovasculaires (maladies du cœur, hypertension, accidents vasculaires cérébraux), les troubles nerveux (irritabilité, sautes d’humeur, dépression, psychose) et les risques de diabète et de cancers.

Les glucocorticoïdes

Les glucocorticoïdes sont des hormones stéroïdiennes dont les plus connues sont le cortisol (encore appelée hydrocortisone) et la cortisone.

Ces produits qui soulagent la fatigue ont une action psychostimulante et anti-inflammatoire. Ils augmentent la tolérance à la douleur et permettent de poursuivre un effort qui serait insupportable dans des conditions normales.

Les symptômes de l’abus des glucocorticoïdes vont de la simple fatigue chronique avec une chute des performances, à une défaillance cardiovasculaire pouvant conduire au décès.

L’usage prolongé des glucocorticoïdes peut entraîner les effets secondaires suivants :

  • une fragilité des tendons et des déchirures musculaires;
  • un retard de la cicatrisation des plaies;
  • une rétention du sodium et d’eau pouvant entraîner des œdèmes et une prise de poids;
  • des dépôts de graisse au niveau du cou et du visage;
  • une hyperglycémie (augmentation du taux de sucre dans le sang) qui augmente le risque de diabète;
  • une augmentation de la sécrétion d’acide par l’estomac qui augmente le risque d’ulcère;
  • des infections locales et générales.

Les symptômes de l’abus des glucocorticoïdes vont de la simple fatigue chronique avec une chute des performances, à une défaillance cardiovasculaire pouvant conduire au décès.

Les glucocorticoïdes peuvent entraîner une dépendance physique.

Les narcotiques

Les narcotiques, encore appelés analgésiques opiacés, sont des produits qui assoupissent et engourdissent la sensibilité. Ils comprennent une vingtaine de produits dont le chef de file est la morphine.

Les narcotiques sont utilisés pour supprimer ou atténuer la sensibilité à la douleur et provoquer une euphorie.

Ils ont des effets nocifs : diminution de l’attention et de la concentration, troubles de coordination, constipation, risques de dépression respiratoire, dépendance physique et psychologique.

Les diurétiques

Les diurétiques sont employés dans le milieu sportif pour éliminer les liquides de l’organisme (ils suppriment notamment la rétention d’eau causée par le dopage aux glucocorticoïdes), perdre rapidement du poids et pour échapper aux contrôles antidopage (produits masquants) en supprimant les traces de substances dopantes. Pour cette dernière utilisation, des urines trop diluées peuvent empêcher la détection des substances interdites.

Les principaux risques liés aux diurétiques sont la déshydratation, les déséquilibres minéraux, l’affaiblissement musculaire, les arythmies cardiaques et l’hypotension.

L’autotransfusion

L’autotransfusion consiste à prélever du sang à un athlète pour le lui réinjecter par la suite : pendant l’entraînement, environ un litre de sang est prélevé; celui-ci est alors conservé selon un protocole rigoureux. Dans la semaine qui précède la compétition (un à sept jours auparavant), le sang est retransfusé.

En fournissant plus de globules rouges, cette technique augmente la capacité de transport d’oxygène aux muscles, ce qui améliore l’endurance musculaire et les performances de l’athlète. Les effets peuvent se prolonger pendant deux semaines.

Les principaux risques associés à l’autotransfusion sont une réaction de destruction des globules rouges, les réactions allergiques, la transmission d’infections bactériennes ou virales et l’augmentation de la viscosité du sang qui peut entraîner des problèmes cardiovasculaires.

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Quelques statistiques

Au Québec et au Canada, la Commission Dubin a montré que l’usage des substances dopantes est très répandu dans le domaine sportif sans pour autant pouvoir fournir des chiffres précis. Elle constate aussi que la consommation de produits dopants déborde le sport d’élite et rejoint les gymnases et les vestiaires des écoles secondaires, menaçant la santé des athlètes, des sportifs d’occasion et des étudiants du secondaire.

Sur le plan mondial, il est difficile aujourd’hui de déterminer avec exactitude l’ampleur du phénomène d’abus des substances dopantes et de leur utilisation illicite dans le monde du sport. Néanmoins, les experts s’entendent pour dire que de nombreux athlètes ont recours à de nouvelles substances et méthodes de dopage pour améliorer leurs performances.

Ainsi, en 2013, selon les règles établies par l’Agence mondiale antidopage (AMA), les Agences nationales antidopage et les Fédérations sportives internationales ont réalisé 261 334 contrôles d’urine et 8 544 contrôles de sang chez les sportifs. À ces chiffres, s’ajoutent 32 389 contrôles sanguins dans le cadre du passeport du sportif. Le nombre des résultats d’analyse anormaux a été de 3 529 et il a augmenté substantiellement depuis l’instauration le 1er janvier 2004 des contrôles inopinés hors compétition des athlètes d’élite. Les règles du Code mondial antidopage s’appliquent à 176 pays et couvrent plus de 98 % de la population mondiale concernée.

Une liste des substances et des méthodes interdites selon le code mondial antidopage est élaborée et mise régulièrement à jour par l’Agence mondiale antidopage.

  • En 2013*, les laboratoires agréés par l’Agence mondiale antidopage (AMA) ont réalisé 261 334 contrôles d’urine et 8 544 contrôles de sang chez les sportifs. À ces chiffres, s’ajoutent 32 389 contrôles sanguins dans le cadre du passeport du sportif. Le nombre des résultats d’analyse anormaux a été de 3 529 en 2013.

* Dr O. Rabin, directeur scientifique de l’Agence Mondiale Antidopage (communication personnelle, 8 octobre 2014).

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Que prévoit la loi ?

  • Le dopage fait l’objet d’interdictions nationales et internationales dans le domaine du sport. Le Québec et le Canada appliquent les conventions internationales réglementant le sport, notamment celles du Comité international olympique (CIO).
  • Le code mondial antidopage détermine que lorsqu’un athlète est déclaré positif lors d’une compétition, tous les résultats acquis lors de ladite compétition sont automatiquement invalidés. Les sanctions de base sont de deux ans de disqualification pour une première violation de dopage et la disqualification à vie pour une deuxième infraction.
  • Les substances dopantes sont souvent des médicaments. Ainsi, en dehors des normes sportives, l’usage, la distribution et le transport sont régis par la Loi sur les aliments et drogues. Des sanctions criminelles sont prévues lors des infractions reliées aux produits inclus dans les annexes de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Ainsi, les stéroïdes anabolisants sont inscrits à l’annexe IV de cette loi.
  • La possession illégale, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.
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